Quelques chiffres :

Beaurepaire est composée de 479 habitants sur une commune d’une superficie de 283 hectares (2.83km²) avec une altitude minimum de 47m et maximum de 132m. Coordonnées : longitude : 0.220000 E latitude : 49.666389 N

 

 

Beaurepaire, regards sur son passé.

Au moyen-âge, le “Beaurepaire cauchois” s’écrivait “Belrepere” “biaureper” ou “bello redditu” ce qui se traduit par “bon refuge”. A la veille de la révolution, il n’est pas rare de rencontrer “beaurepaire” ou beaureper” dans les actes et rapports. A travers ces termes, les linguistes notent la racine latine “reparium” (lieu ou maison forte) ou encore l’ancien français “repaire” (du 11ème siècle), évoquant l’habitation, la demeure, puis au 12ème et 13ème siècle, l’aspect ou la défense d’une habitation seigneuriale. La tradition locale veut qu’autrefois, derrière le cimetière actuel, en surplomb de la vallée boisée déclinant vers Etretat se trouvaient les vestiges d’une maison forte ou d’un manoir détruit pendant la guerre de cent ans.

Suzanne Deck en 1970, dans sa thèse sur “essai sur l’ancienne forêt ducale de Fécamp” met en évidence, l’étendue de l’emprise de cette ancienne foret. Au 11ème siècle, elle recouvrait l’espace allant du nord de la rivière de Valmont à Grainville-Ymonville, pour rejoindre la cote sud de Bruneval. La charte Royale dit que ce dernier lieu se situe “in extremis forestae meae”, c’est à dire “aux limites de mes terres forestières”.

Dès l’époque gallo-romaine, une voie importante reliait la cité de “Julio bona”, devenue Lillebonne à Fécamp. il existe une bifurcation en direction d’ Etretat au niveau de Gerville. Ce fut toujours un territoire successivement habité, dévasté reconquis, forets et friches reprenaient leurs droits au rythme des invasions successives : celles des Saxons (3eme et 4 eme siècle) puis des Normands (9eme et 10 eme siècle), donnant à nos villages, ces noms si caractéristiques. On trouve ainsi “hus” (maison) qui a donné Etainhus ou “Kirk” (église” “criquetot”, Villequier vient de “Kjarr” (marais), veules de “wells” (ruisseau) ou enfin “saint martin du bec” dont l’origine est “bec” (cours d’eau).

Ainsi beaurepaire prend naissance dans un contexte de défrichement forestier, au 12eme siècle.

Les seigneurs bien en cours, près du Roi anglais Henri II encouragent la mise en valeur de forets ou Essarts. Robert D’Estouville, Raoul D’Esneval, Raoul De Mortemer, en son château de Saint Martin du Bec, y contribuent activement en suscitant l’installation de tenanciers appelés “hôtes”. Ces derniers sont alléchés par la perspective de posséder pour eux et leurs descendants, une pièce de terre. Les lots attribuées auront leur “masure” en bordure du nouveau chemin, future route du village. En contrepartie de la propriété définitivement acquise, les “hôtes” paient au seigneur, une redevance légère de quelques sols (ancienne forme du mot “sou”), à titre annuel. Le seigneur du lieu est alors Guillaume de Mortemer, châtelain de Saint-Martin du Bec

Jusqu’à la révolution, la paroisse dépend de la baronnie de Saint Martin et l’église est dédiée à Saint thomas de Cantorbéry. En 1180 au cœur de la forêt les quarante âcres de terre attribués à Robert D’Estouville vont conduire à la création de la paroisse des Loges. La première mention écrite de beaurepaire remonte à Saint Louis. On la trouve dans le registre des bénéfices du Diocèse de Rouen dénommé le “pouillé” d’Eudes Rigaud. Il est dressé sur les instructions de l’archevêque de Rouen. Dans le précieux document conservé à la bibliothèque nationale quatre lignes en latin ouvrent le dossier historique de ” Belrepaire” ainsi qu’il est nommé. Grâce à elles, on apprend que la nouvelle paroisse fait partie de l’Archidiocese du Grand Caux, doyenné de Saint Romain de Colbosc et que son patron, Guillaume de Mortemer, Belrepaire compte quarante paroissiens pour un bénéfice de vingt livres, (trente pour Pierrefiques, soixante pour Gonneville et vingt cinq pour La Poterie). On ne connaîtra que plus tard, en 1349 le nom des deux habitants charges de récolter les impôts : Gehan Descamps et Regnalt Marete. Les laboureurs de Beaurepaire pratiquaient l’assolement triennal, blé, avoine (pour les chevaux), pois et jachère. Au 15 eme siècle, on cultive la navette servant à l’huile d’éclairage, le colza arrive au 18 eme siècle, des pays bas. Le lin se développe sous Louis XV et on pratique le tissage à domicile. Les pommiers et les poiriers débordent des cours et vont jusque dans la plaine . On éleve des volailles, surtout des chapons et on chasse la bécasses.

Sous Louis XIII, le Beaurepaire est un navire qui sillonne les mers du sud et rapporte du gingembre au Havre. Son propriétaire, Charles Fidelin possède en effet des terres à Beaurepaire et à donne au navire le nom du village.

A l’aube de la révolution la paroisse compte 450 habitants. C’est une période de grand changement relatée par un laboureur anonyme de pierrefiques, Il juge d’abord les événements avec une certaine sympathie puis au fur et à mesure des excès et des désordres, il renouvelle son attachement à la religion et à la Monarchie. Le Roy est parti sous l’habit cuisinier et sa femme sous l’habit chambrière, le blé renchérit, voila un grand trouble dans le paï, le commerce n’est que des assignats plus d’argent dans le paï”.

Le 28 février 1790, devant l’Assemblée des habitants réunis dans l’église, a lieu l’élection du premier Maire, Charles Le Chevalier, laboureur, 59 ans, habitant au hameau de la Mare de la croix . En 1792, le curé part en exil, ses biens et ceux du seigneur sont mis en vente. En 1794, le nombre d’habitants est de cinq cents. Puis, comme dans beaucoup de communes rurales, au 19 et 20 eme siècle la population décroît. On compte cinquante cinq laboureurs en 1851 dont cinq propriétaires ( mais il n’en restera que vingt sept en 1936). Les tisserands et les fileuses à domicile vont diminuer avec la mécanisation dans les centres d’Yvetot et de Bolbec. Les artisans chaisiers, sabotiers, bottiers, charrons disparaissent peu a peu.

En 1842, on rénove le pavage du chœur et de la nef de l’église, les prêtres qui ont joue un grand rôle, ont tenu des registres d’état civil, jusqu’a la révolution. ils restaient très longtemps en poste, l’Abbé Leberquier, né à Beaurepaire, y a passé sa vie sacerdotale pendant 42 ans et il y est mort. Le dernier sera l’abbé Houllier qui desservait aussi La Poterie et Pierrefiques, il empruntait la sente au cur锑.

En 1845 , l’école est à son emplacement actuel . En 1850 on s’inquiète du sort des chômeurs auxquels on trouve du travail sur les routes et les chemins de la commune. En 1863, la fréquentation de l’école n’est pas obligatoire et sur les 60 inscrits, on compte 39 garçons et 26 filles qui s’absentent au moment des travaux des champs. Au 19 ème siècle, en 1866 très précisément, en faisant des enquêtes agricoles on recense 36 chevaux 16 poulains ou pouliches, 108 vaches, 52 veaux, 20 porcs mais peu d’ovins . On compte aussi 22 ruches.

La guerre de 1870 ne fait pas de morts à Beaurepaire. Le bureau de bienfaisance est créé le 5 mai 1882, face aux misères du temps, maire et curé se mobilisent auprès des personnes aisées pour venir en aide aux plus défavorisés. 32 personnes possèdent qu’une seule vache dont l’épicier, le boulanger et quelques journaliers

 

Autrefois

 

A la fin du 19eme siècle, la ligne de chemin de fer existe de Turretot au Havre. On peut également aller à Turretot en empruntant la diligence et on va à Gonneville à pied. En 1910 le rendement du blé est de 13 quintaux à l’hectare. on cultive en plus du blé l’avoine, le colza, les betteraves fourragères, le seigle, la pomme de terre et le trèfle. L’assolement triennal est toujours en vigueur.

La guerre de 14-18 fait 14 morts et le monument aux morts est érigé en 1919.

L’électricité arrive en 1931. En 1932 une ligne de cars Fécamp-Le Havre est crée avec arrêt en haut de la paroisse. Le téléphone est installé en 1933 ( la commune l’avait refusé en 1910) chez l’épicerie au carreau. En 1945 plusieurs bombes tombent sur Beaurepaire sans faire de victimes mais il y aura 12 prisonniers de guerre en 1940, les réfugiés belges affluent. L’adduction d’eau ne sera faite qu’en 1950 car la commune avait été très réticente pour le faire avant la guerre. Le point d’eau (qui sera supprimé en 1968) se trouve face à la grille de l’école, des distributions sont organisées. L’assainissement se fera en 1985.

D’après le livre de Paul Feuilloley, ” Beaurepaire, regards sur son passé” Ed Bertout 1992.